Samedi 13 juin 2009 6 13 /06 /Juin /2009 16:49

Paris le 20 Juin 2009

 

QUELLES TACTIQUES EMPLOYER POUR LIBERER

 

LES NAVIRES CAPTURES ET LES OTAGES ?

 

 

1-TACTIQUES EMPLOYEES ACTUELLEMENT

 

1-1 Tactiques des pirates

 

Avant de définir des tactiques de contre-piraterie il importe d'analyser celles utilisées par les pirates. L'analyse présentée ci-dessous découle des divers récits et photogaphies publiés soit dans la presse soit dans la petite littérature récemment publiée, un connaissance de la côte somalienne obtenue lors d'une visite de la Chambre de Commerce Franco-arabe à Mogadiscio, Mr Siad Barré étant président. Un certain sens marin, une connaissance de la côte et un peu d'imagination peuvent permettre d'en déduire les tactiques employées.

 

Pour pouvoir mener leurs activités de piraterie, les pêcheurs somaliens doivent disposer de moyens physiques pour aller à l'interception de leurs cibles et d'informations sur la nature de ces cibles ainsi que sur leurs mouvements prévisibles.

 

Des Moyens physiques

 

A l'origine les embarcations employées étaient destinées à la pêche côtière. La plupart étaient des embarcations en GRP de 6 à 8 mètres de longueur et de fabrication japonaise et propulsées par moteur hors-bord.

D'aprés la morphologie de la côte constituées par de grandes plages de sable et compte tenu de leur faible poids, elles pouvaient être soit conservées sur la plage prés des villages de pêcheurs, soit transportées par camion à partir d'autres villages.

 

Ces embarcations ont permis de faire les premières prises constituées par des petits chalutiers d'environ 20 m venant pêcher prés de la côte.  La prise de ces derniers leur a alors permis une allonge de leurs zones de piraterie vers l'Est.  Pour ce faire ces chalutiers remorquaient les embarcations de pêche qui, elles, devaient être chargées de faire la capture prorement dite.

 

Constatant que les effectifs des équipages des navires de commerce étaient de plus en plus réduits et que leurs longueurs etaientt de plus en plus grandes , ces pêcheurs devenus pirates se sont aperçus que la capture d'un navire ne demandait qu'un petit nombre d'hommes permettant d'occuper habilement le navire.

Comme pour l'occuper il était nécessaire de monter à bord du navire quelque soit la hauteur de son franc-bord, l'embarcation devait être munie de grappins pour l'accostage et se miantenir le long du navire ainsi que d'échelles pour franchir le franc-bord et envahir le navire.

 

Moyens d'informations

 

Ces pêcheurs-pirates ne pouvant se maintenir continuellement en barrage sur les voies de la circulation maritime, il leur est nécessaire d'avoir le maximum d'informations pour d'une part aller à l'interception de leurs cibles et d'autre part connaitre  la nature de  la cible ainsi que de ses mouvements prévisibles.

 

Pour cela, à l'origine ils pouvaient disposer du Système d'Identification Automatique (AIS) qui les leur fournisait. Ce système a été développé pour permettre aux centres de surveillance de trafic maritime de connaitre l'identité, le statut, la position des navires se trouvant dans la zone de surveillance, c'est à dire la portée VHF soit 30 à 50 Milles Nautiques.

Mais depuis que ce systéme doit être mis en veilleuse lors des passages dans les zones de piraterie, ces pêcheurs-pirates doivent se procurer les informations par les voies de leurs relations d'affaires, familales ou religieuses dans les pays de la Corne d'Afrique ou voisins: Erythrée, Djibouti, Yémen, EAU, Pakistan, Inde etc....

 

1-2 Tactiques actuelles de contre-piraterie

 

La première action, que pourraient mener les navires d'une opération du type Atalante lors qu'il sont en patrouille dans la zone, serait d'intercepter ces chalutiers remorqueurs d'embarcations de pêche. Mais il est probable que ces chalutiers ne s'avantureront pas au large si un navire de guerre est présent, ce qui veut dire que pour dissuader les pirates il faudrait une importante pésence permanente des forces navales de la coalition. Ce qui apparait actuellement peu probable.

 

Dans ces conditions, les tactiques actuellement utilisées consistent à démarrer l'opération de libération que dés que le navire de guerre sur zone est informé par radio de l'acte de piraterie. C'est à partir de ce moment et seulement de ce moment que ce navire est capable de procéder à la liberation du navire et des otages.

En effet le fait de mettre un navire de guerre en patrouille sur une zone ne peut avoir qu'un effet dissuasif car il n'est pas juridiquement pas possible d'intercepter un pêcheur-pirates s'il n'y a pas eu agression ou acte de piraterie.

 

Les navires militaires actuellement utilisés sont de la classe "Frégate" ou même plus important pour certaines marines. Ces navire d'un tonnage certain (3 000 tonnes) et leur mode de construction actuel ne leur permets pas d'aborder directement soit le navire capturè soit les bateaux ou les embarccations utilisées par les pirates, aussi la liberation du navire et des otages. ne peut être enterprise que par la projection  de commandos au moyen d'embarcations légères.

 

Aprés le succés de la neutralisation des pirates sur le "Ponant", l'habitude est prise d'utiliser tout de suitr les commandos-marine, transférés par Zodiacs vers les navires à libérer et vers les pirates à intercepter pour libérer les otages. Malheureusement l'affaire de la "Tanit" vient de montrer que cette tactique n'est pas sans danger lorsqu'il s'agit de délivrer l'équipage d'un petit navire de plaisance. Il importe donc de revoir la tactique employée et les moyens navals adaptés ainsi que les méthodes d'utilisation des commandos-marine. 

 

Alors

2-2 Moyens navals recommandes pour apliquer cette tactique

  que jusqu'ici la pluspart des operations contre les pirates avaient concerné des navires marchands d'un important tonnage et pouvant présenter des potentiels de rançons, l'affaire de la Tanit a montré qu'il fallait être capable de faire face à d'autres types de situations telles qu'elles auraient pu exister avec le "Ponant" le 11/04/08 et sur le "Carré d'As" le 15/09/08 .

 

2- QUELS ENSEIGNEMENTS EN RETIRER POUR ADAPTER UNE NOUVELLE TACTIQUE

 

2-1 De la manoeuvre d'abordage

 

Il n'est pas certain que le fait de projeter des commandos-marine par Zodiacs soit la meilleure tactique lorque la taille du navire de guerre intercepteur permet de procéder à un abordage du navire piraté quelque soit sa taille.

Cependant, il reste evident que lorsque la taille, les dispositions ou les conditions de mer ne permettent pas l'abordage par le  navire intercepteur, alors les Commandos-marine doivent être projetés par zodiacs.

Ce qui est peu probable lorsque les pirates font une prise avec leurs embarcations de pêche 

 

S'iI était nécessaire jusqu'ici de projeter les commandos-marine par zodiacs, c'est qu'il était appréhendé de faire accoster à la mer un navire marchand de taille conséquente par un navire militaire, même par mer belle comme celle régnant en mousson de nord.

Lorsqu'il était de taille moins conséquente comme les voiliers de croisière, la projection de commandos par zodiac paraissait plus aisée mais demandait de l'agilité pour monter à bord et présentait des difficultés de neutralization des pirates dans des espaces réduits.

 

A notre sens il faudrai maintenant revenir à la technique de l'abordage comme elle était pratiquée aux siècles anciens pour mettre les commandos à bord des navires à libérer. Cela veut dire que les bateaux destinés à la lutte contre la piraterie devraient être en partie conçus pour cela.

 

Pour avoir une connaissance des techniques d'abordage, il conviendrait de relire la littérature de l'époque. Celle-ci pourrait se résumer aux disposions suivantes:

-lors de la manoeuvre d'abordage, seuls demeureront sur le pont les personnels nécessaires à l'amarage, les autres personnels seront mis à couverts.

-les commandos-marine parmi lesquels des tireurs d'élite sont sur le pont prêts à se précipiter sur le navire saisi et libérer les otages puis l'équipage du navire lui-même.

 2-2 Moyens navals recommandés pour appliquer cette tactique

La Marine Française disposait jusqu'ici des moyens opérationnels suivants qui semblaient le mieux adaptés à ce type d'opérations:

-les Frégates de surveillance d'un tonnage de 2950 T,

-les Patrouilleurs de sauvegarde maritime d'un tonnage de 400 T

-les avions Patmar pour la surveillance "surface" de la zone,

-les helicoptères embarqués sur les Frégates,

-les commandos-marines pour l'abordage.

 

Comme il est grandement probable que ce type de menaces (piraterie et terrorisme) perdurera dans d'autres régions du Globe, il importe que la Marine Française adapte ses formats à ces menaces.

 

Cette adaptation pourrait se faire par les specifications des moyens opérationnels suivantsLes rôles confiés à ces acteurs seraient les suivants:

 

-des navires d'environ 3 000 T, capables de projeter des commandos par embarcations rapides et par hélicoptères. Ces navires seraient dédiés au commandement sur zone (OTC).

-des patrouilleurs d'environ 500 T, conçus pour l'abordage de navires marchands, de bateaux de plaisance et de bateaux des pirates. Ces patrouileurs seraient dédiés à l'abordage par commandos-marine. Il ne semble pas souhaitable de concevoir des navires de plus faible tonnage si l'on veut les utliser dans des eaux éloignées de la métropole.

-des avions de surveillabnce maritime dédiés à établir uniquement des situations "surface" pour évaluer les menaces de piraterie ou de terrorisme. utiliés pour avoir.

-des helicoptères embarqués dédiés à la sur surveillance rapprochée et éventuellement la projection de commandos en complément de la manoeuvre d'abordage.

-les commandos-marines destinés à être utilisés dans l'abordage des navires capturés. Pour cela certains commandos devraient formés à ce type d'assaut qui différera substanciellement des modes de combat pour lesquels ils étaient jusqu'ici préparés.

 


Par Amiral Estienne - Publié dans : Politique
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